Musée de l'Ecole d'Hier "Louis Mailliot"


 
 
 

1914-2014 "Mémoire de l'école et devoir de mémoire"


Vie quotidienne.
Récolte des orties

Les Allemands semblent avoir attaché beaucoup d’importance à la récolte des orties sauvages. Toute la population y a participé, même les enfants des écoles.
Le travail consistait à couper les tiges, les effeuiller, les faire sécher et les lier en bottes. Les feuilles pouvaient être utilisées pour préparer de la soupe, mais l’armée allemande utilisait les tiges séchées pour fabriquer des cordes ou des tissus grossiers (filets de camouflage ou sacs de terre consolidant les tranchées).

  • “ les tiges d’orties effeuillées sont à mettre soigneusement en bottes et à remettre au dépôt central. Les feuilles et sommités restantes servent comme fourrage et ont la même valeur que le bon foin. Elles sont aussi à remettre au dépôt central ” (témoignage de Haraucourt).

  • Ordre du 2/8/16 : “ Il n’est pas partout connu en France que les orties à longues tiges contiennent un filament propre à la confection des tissus. La coupe de cette plante offre à la population nécessiteuse un gain appréciable pendant les temps difficiles. L’administration paiera 12.50 F pour 100 kg de tiges sèches dépourvues de feuilles et au moins 0.5 m de long. Ces plantes doivent être coupées, non arrachées ni déchirées  ni pliées. Une fois sèches on enlève la tête puis les feuilles avec une planche munie de pointes” (témoignage de Remilly-Aillicourt).

Quand les mesures incitatives ne suffirent plus, cette récolte devint obligatoire, comme l’indique cet ordre publié à Stenay le 20/6/18 :

  • L’an dernier les habitants ne s’étant pas soumis d’une façon satisfaisante à l’obligation de récolter les orties, monsieur le kommandant de place a ordonné ce qui suit.
    Chaque habitant, quel que soit son âge, son sexe, ou sa position sociale, devra récolter au moins 200   tiges d’orties qui seront livrées à la mairie complètement sèches le 24/7/18 par botte de 200 portant le nom de chaque personne.

Les orties se trouvant à l’intérieur du circuit de la ville devront être coupées en premier lieu, au cas où il serait nécessaire la limite du territoire.
Seules les orties piquantes et à tige d’au moins 50 cm sont à chercher. Elles ne doivent pas être arrachées mais coupées au ras du sol. Il faut éviter de les casser ou de les déchirer.
Les personnes occupées par l’autorité allemande devront faire leur récolte pendant leur moment de loisir ; aucune exemption de travail ne sera accordée pour cette cause.
Le maire devra faire savoir à la kommandantur les noms des personnes qui ne seront pas conformes strictement à cet ordre. Les infractions seront frappées d’une amende de 5 marks et devront néanmoins fournir 200 tiges d’orties. Il est loisible à toute personne ne pouvant se livrer à ce travail de se faire remplacer à ses frais. La Kommandantur payera les orties sèches et bottelées par 200 à raison de 28 pfennigs le kilo ”.

(Titre du livre: Guerre aux civils- guerre des civils dans les Ardennes envahies de 1914 à 1918. Réf. Archives dép INOCTAVO/ARD 360 Edition: L’HARMATTAN. Auteur: Ponsinet Gérard).

Le travail des enfants

   Même si l’attitude des quelques vieux soldats allemands appartenant à des régiments territoriaux, vis-à-vis des enfants a été bienveillante, il n’en demeure pas moins que la plupart des occupants ont fait preuve de moins de mansuétude à l’égard de la jeunesse occupée qui leur fournissait une main d’œuvre importante.
 
   Les jeunes Ardennais sont réquisitionnés pour des travaux obligatoires, souvent sous la surveillance de leur maître ou maîtresse d’école qui en sont responsables. Ainsi, dans la Thiérache ardennaise, les écoliers sont astreints à des corvées de cueillette de pommes, de mûres, et autres marrons pour les livrer à la Kommandantur locale. Ils doivent aussi ramasser tous les objets en fer dans les ordures, s’occuper de l’entretien des champs (étaler les taupinières, couper les chardons, tailler les haies...) ou nettoyer les rues. Certains travaux forestiers (écorçage des chênes, sciage...) confiés à des adolescents de Vireux en octobre 1918.
   Les Allemands envoient les enfants travailler loin de leur domicile à partir de 1916 : par exemple, les 300 jeunes de l’ensemble du département qui vont effectuer une corvée de ramassage de pommes de terre à Rozoy-sur-Serre. C’est aussi le cas de jeunes filles de Vireux-Molhain qui partent en mars 1918 réparer le canal de l’Aisne près de Rethel et qui ne reviennent que deux mois plus tard, sans avoir pu donner la moindre nouvelles à leurs parents...
   Finalement, les enfants ardennais durant la Grande Guerre n’ont bénéficié d’aucun traitement de faveur de la part des autorités allemandes qui les font travailler comme des adultes mais aussi qui n’hésitent pas à les punir de la même façon. C’est le cas de Zilda Tailler, cette jeune fille de 14 ans originaire de Nohan qui est invitée à se présenter au tribunal allemand de Monthermé. Par punition, elle est condamnée à vendre la Gazette des Ardennes, le journal de la propagande allemande.     Le résultat des ventes dans les villages de Nohan, Thilay et Hautes-Rivières est si déplorable qu’elle reçoit un avertissement couplé d’une menace d’internement au camp disciplinaire de Sedan. L’occupant a gagné souligne Pierre Lotterie, une gamine est soumise et la propagande allemande entre dans tous les foyers de ces petites communes.

(Titre du livre: Occupations Les Ardennes 1914-1918. Edition Terres Ardennaises, page 104).

Le sentier des écoliers
 Les écoliers partaient à pied, les sentiers n'étaient pas balisés, mal entrenus, non goudronnés, souvent même pas empierrés.
 Ce chemin est, au gré des saisons, poussiéreux ou boueux.
 Le trajet dure parfois plus d'une heure et, en hiver, se fait dans l'obscurité.
 Cette longue marche, matin et soir terrifiait les plus petits.
 Les enfants étaient chaussés de sabots en bois de peuplier, de tremble ou de noyer. Certains portaient des galoches avec de   grosses  semelles de bois cloutées munies d'une solide empeigne de cuir.


 
L'école buissonnière
 
  Juillet… La fête nationale approche et l’année scolaire se termine sous le chaud soleil d’été. Par les fenêtres ouvertes parviennent les cris des oiseaux et le coassement des grenouilles de la mare voisine. Nul doute que certains élèves rêvent de s’échapper et de faire l’école buissonnière…
   Mais quelle est l’origine de l’expression « école buissonnière » ?
Si l’on imagine facilement quelque chenapan gambadant dans la campagne pendant que ses camarades sont rivés sur les bancs de la classe, l’expression viendrait d’un arrêt du Parlement promulgué le 7 février 1554. Cet arrêt interdit à l’église protestante d’organiser son propre enseignement, l’école étant maintenant uniquement du ressort des maîtres catholiques. Pour continuer à exercer, les réformés vont devoir se cacher et créer des classes en plein air, à l’abri des regards, derrière les buissons protecteurs.
 

La vie d'Alice.(Lien Pdf)

 

Histoire d'Alice novembre1916.(lien Pdf)




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